Le lundi 28 juin 2010, en la cathédrale Saint-Jean de Lyon, eu lieu le vernissage de l’exposition« Lumières de Lyon, hommage à Saint Irénée » en présence du Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et du Père Kim En Joong.

Une messe fut concélébrée en la solennité de Saint Irénée, suivi d’une bénédiction.

Céramiques, vitraux et peintures du Père Kim En Joong sont à l’honneur comme l’explique Bernard Geyler, architecte de l’exposition :

« Oui, l’art est revenu dans nos églises !
La rencontre dans cette primatiale entre l’architecture religieuse gothique et le travail du père Kim est sans doute un choc de culture, mais aussi un événement, une chance pour les visiteurs, une exception exceptionnelle.Trois métiers, trois techniques employées par le père Kim sont présentées à l’occasion de cette exposition.

© Joël Damase, photographe

D’ abord dans la première travée, vous êtes accueillis par deux céramiques, véritable feu d’artifice de couleurs traduites dans l’art de la céramique et du feu.

Puis en élevant votre regard dans la direction du sanctuaire, vous découvrez douze toiles de plus de 9m2, chacune appuyée contre douze piliers de la nef. Que de lumière ! La richesse de la palette de couleur du père Kim m’a amené à chercher un ordonnancement pour l’accrochage des toiles. Après quelques hésitations, c’est la référence à l’arc en ciel qui a inspiré le sens de pose des toiles allant de la gauche vers la droite de dominantes rouges, vers le jaune, le vert et le bleu puis le violet.

Un peu plus loin à proximité du transept, dans la chapelle Saint-Antoine, sont présentés deux exemples de l’art du vitrail que le père Kim a magistralement employé voilà peu à Thann, et pas très loin de Lyon, dans la basilique de Brioude où l’effet de la lumière du jour sur les vitraux a transformé une église sombre de la pierre noire du massif central, en un lieu de joie et de vie.

Enfin dans les collatéraux sur votre gauche, une toile hommage à Saint Irénée de Lyon accompagnée par deux autres œuvres du père Kim viennent clôturer cette exposition. Croyants, peu croyants, incroyants, chacun recevra le travail du père Kim en fonction de son vécu et de sa sensibilité.

L’œuvre présentée n’est pas une fin en soi, mais doit à mon sens plutôt être regardée comme un outil, comme un passeur de guet sur le chemin que chacun prend depuis son état biologique jusqu’à son intérieur le plus secret, son être possible à la rencontre de Dieu. »

Discours du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon :

« Dans une audience accordée à des artistes le 21 novembre 2009, le Pape Benoît XVI les plaçait devant la grandeur de leur art et la responsabilité qui leur incombe : « Vous êtes les gardiens de la beauté ; vous avez, grâce à votre talent, la possibilité de parler au cœur de l’humanité… Soyez, vous aussi, à travers votre art, des annonciateurs et des témoins d’espérance pour l’humanité ! ». Et il concluait par cette conviction vibrante sur la relation entre l’expérience artistique et celle de la foi : « La foi n’ôte rien à votre génie, à votre art, au contraire elle les exalte et les nourrit, elle les encourage à franchir le seuil et à contempler avec des yeux fascinés et émus le but ultime définitif, soleil sans crépuscule qui illumine et embellit le présent ».

© Joël Damase, photographe

Ces paroles résonnent en moi au moment d’accueillir dans la Primatiale Saint Jean-Baptiste une exposition de quelques-unes des œuvres du Père Kim En Joong. Je suis heureux qu’un tel évènement artistique et culturel puisse se dérouler dans cet édifice imposant, si riche d’histoire et de foi, où se conjuguent beauté architecturale et présence de Dieu, offertes à toute personne qui en franchit le seuil.

Le talent de l’artiste lui permet de mettre en valeur dans ses peintures, ses vitraux et ses céramiques, une note de lumière inédite, d’où le titre « Lumières de Lyon » donné à cette exposition. C’est le 28 juin, en la solennité de Saint Irénée, qu’elle est inaugurée. Elle constitue ainsi un bel hommage à celui qui fut le deuxième Evêque de Lyon et qui demeure le patron principal de ce diocèse. Il représente l’acte de naissance de la théologie, la source commune des Pères et des théologiens d’Orient et d’Occident. Son enseignement est comme un jaillissement premier qui peut aider à retrouver les chemins de l’unité.

Puisse cette exposition éclairer notre regard et l’orienter vers la lumière qu’est le Christ : « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jean 12, 46). »

Allocution du Père Kim En Joong :

Cher Saint Irénée,

Vous écriviez : « La splendeur de Dieu est vivifiante ; ceux qui voient Dieu reçoivent la vie » : cette encourageante conviction m’inspire à cette heure ! … Votre arrivée à Lyon, après la traversée de la méditerranée, tout enveloppé de l’esprit johannique imprégné de lumières et de ténèbres, est pour moi, l’instant le plus impressionnant de votre vie ; l’inspiration m’est alors venue d’un hommage en noir et blanc qui, dans son horizontalité, offrirait une sorte de rêve vers le Très Haut où la puissance de la lumière céleste l’emporterait sur celle des ombres de la nuit.

© Joël Damase, photographe

En arrivant en Gaule, vous aviez déjà le souci de la place respective de l’Eglise et de la Vérité : vous disiez : « Là où est l’Eglise, là est l’Esprit de Dieu ; où est l’esprit de Dieu, là est l’Eglise et toute Grâce, car l’Esprit est vérité ». Vous avez lutté contre les hérésies pour guider vos frères vers la vraie Lumière ; le monde actuel est, hélas, plus divisé que jamais, la méchanceté gratuite domine partout. Certes avec mes pinceaux, je ne suis que faiblesse face au Mal, mais, pourtant, dans mes créations, je voudrais apporter à ce monde déchiré un peu d’amitié, d’harmonie, de douceur, autant de lueurs du véritable Amour.

La Providence a voulu que je sois baptisé du nom de Pierre le jour de votre fête voici quarante-trois ans… Si le monde m’a déjà donné une telle Grâce, je ne peux, aujourd’hui, que pressentir l’inexprimable splendeur de la communion des Saints ; je demeure à jamais auprès de vous en action de Grâce.

Je tiens enfin à remercier vivement le cardinal Barbarin ainsi que tous ceux qui ont aidé à la réalisation de cette exposition en votre honneur, cher Saint Irénée. »