Kim Dae Joong est un ami coréen du Père Kim. Ils se rencontrèrent durant leurs études respectives à l’Université et se retrouvèrent après leur service militaire. Kim Dae Joong est  Vice-Président d’Honneur de l’Institut Kim En Joong,  après une longue carrière de journaliste.

 » Kim En Joong, est-il prêtre ou peintre ?

Pour moi, il est peintre : en effet, c’est à travers la peinture que je l’ai connu ; jusqu’à ce jour, c’est par la voie picturale que je le comprends et communique avec lui : si, à mon niveau, il se révèle comme un « Artiste habillé en religieux », lui se présente plutôt comme un « Prêtre-travailleur artistique ». S’il est vrai qu’il accompagne ses correspondances d’une prière pour ma personne, il n’en demeure pas moins que ce qui nous sépare, à savoir la religion, fait que nos échanges sont plus orientés vers le domaine artistique : il m’a pourtant avoué que pour lui, l’acte de peindre n’était qu’un moyen de communication avec Dieu : il n’est pas en lui-même la totalité de sa vie.

Heureux homme disposant de deux moyens d’échanges avec ses autres frères alors que tant d’êtres sont dépourvus d’une seule de ces facultés ! Connu en Corée comme « prêtre de la lumière », je trouve moi-même dans son univers, même si je n’y entre pas facilement, couleur, lumière, pureté : face à ses créations, mon cœur s’apaise et s’éclaire. Par contre, une solennelle gravité semble marquer ses dernières œuvres où dominent le blanc et le noir : tel est mon regard, mon sentiment…

Il m’arrive de regretter que par son éloignement géographique, son état religieux, son cercle relationnel, il ne soit pas davantage compris et aimé dans son propre pays.

C’est dans le même campus universitaire que nous nous sommes rencontrés voici près de cinquante ans : en effet, la Faculté de Droit que je fréquentais et l’Ecole des Beaux-Arts étaient voisins. Puis, sous l’habit de lieutenant, nous nous revîmes à la fin de notre service militaire ; de retour à la vie civile, je m’orientais vers le journalisme, lui continuait sa voie artistique : c’est ainsi que lors d’une exposition organisée près des murs de pierre du palais Duksoo, je revis mon ami. Au moment de son départ définitif pour l’Europe, il m’apparut comme un « Peintre habillé en religieux » : sa peinture s’était complètement métamorphosée.

Depuis plus de trente ans, il m’offre toujours le même message de lumière, de couleur, de pureté, de gravité : à cette heure, il est de plus en plus plongé dans sa création artistique : avant de l’aimer, j’aime sa peinture qui, au fil du temps, paraît dégagée, libérée de l’obstacle ; oui, pour moi, de plus en plus l’image du Père Kim est véritablement celle de « Peintre vêtu de l’habit religieux « .

La peinture du Père Kim n’est pas seulement une manifestation d’un artiste, elle est surtout, la présence d’une prière vers Dieu. »

Extrait de Kim En Joong 2010 : Rouen – Paris – Mechelen
Editions du Cerf, Paris – Editions Yeobaek, Séoul