Dans le cadre du festival Courant d’Art, c’est en la cathédrale Notre-Dame de Rouen, que le Père Kim En Joong expose, 12  toiles de grands formats, un vitrail et une céramique.

A la recherche de Claude Monet, le Père Kim, se souvient de l’émotion ressentie, il y a fort longtemps, au pied de la cathédrale Notre-Dame de Rouen :  » C’était un moment extrêmement émouvant car j’ai toujours été sensible à cet homme, à son oeuvre, à la persévérance de cet artiste qui, malgré ses difficultés et la pauvreté, n’a jamais versé dans la facilité. Selon moi, Claude Monet est, avec Paul Cézanne, le père de l’art moderne. C’est pourquoi, il est aussi important pour moi d’exposer dans cette cathédrale, à l’occasion du festival Courant d’Art du diocèse de Rouen, et de savoir que cette exposition sera prolongée de juin à septembre, à l’occasion de Normandie Impressionniste « .

Courant d’Art est une proposition de la direction diocésaine de la culture de Rouen. Son objectif est simultanément d’ordre artistique et pastoral et donne lieu à des réalisations dans le temps (temps liturgique) et dans l’espace (lieux de vie du diocèse). Cinq églises, avec la cathédrale Notre-Dame de Rouen ont été choisies pour participer à cette cinquième édition :

– Abbatiale Saint-Ouen à Rouen avec des peintures d’Emmanuel Dilhac
– Crypte Notre-Dame de Lourdes à Sotteville-lès-Rouen, Corinne Bouteleux, peintre,
– Eglise Notre-Dame de la Nativité au Bourg-Dun avec Dominique Rivaux, sculpteur,
– Eglise Notre-Dame à Berneval-le-Grand avec Claude Le Guillard, photographe.

Ce fut l’occasion, avant le discours de Monseigneur Jean-Charles Descubes, d’écouter le Chœur du Lycée des Arts de Lasi (Roumanie)

 » Chers amis,

Avant que Christophe Potel ne vous accueille et que Bertrand Laurent ne vous présente cette cinquième édition de Courant d’art, vous me permettrez de dire ma joie de voir quelques œuvres du Père Kim en Joong habiter un temps la cathédrale Notre Dame de Rouen et qu’il nous honore ce matin de sa présence.

Je sais, cher Père, que vous êtes un inconditionnel de l’art roman, « sans prétention et sobre », l’art de ma région d’origine. Alain Erlande Brandenbourg aime à dire cependant que la naissance de l’art gothique marque l’entrée de la lumière. Avec la réforme grégorienne, le prêtre s’est tourné vers l’orient. La théologie du XII° siècle est une théologie de la lumière. Le vitrail permet à la lumière divine d’atteindre le peuple de Dieu qui accède désormais de plein pied de la ville à l’église. Sa vie et ses occupations profanes sont un chemin de divinisation.

Vous inscrivant dans cette tradition qui est aussi celle des Pères de l’Eglise d’Orient, vous rêvez de « rendre le monde invisible accessible à ceux qui accueillent la vraie lumière ». Vous aimez citer cette pensée du cardinal Godfrield Danneels qui préside la fondation qui porte votre nom : « La vérité est délaissée ; le bien fait peur à beaucoup ; la beauté est peut-être le chemin pour trouver Dieu. » Votre peinture et vos vitraux nous ouvrent cet accès car votre chemin personnel et votre art sont précédés par cette lumière. Vous l’avez accueillie dans l’offrande de votre liberté. Votre œuvre est un témoignage.

« Puisque le miracle a lieu, présence à présence révélée, présence de présence pénétrée, Epiphanie désormais, Nulle saison en pure perte, Nulle terre vaine … » extrait de : « Vraie lumière née de vraie nuit » François Cheng, Kim en Joong – Editions du Cerf – 2009

En nous invitant à nous laisser nous-mêmes aller à l’expérience de la sensation, vous nous faites la grâce de permettre ainsi à ceux et à celles qui, au cours de ces Jours saints, entreront dans cette église de s’ouvrir, pour un temps au moins, à cette lumière.

Je vous remercie. »

Jean-Charles Descubes, Archevêque de Rouen